MARTIN SCORSESE makin of 01


Faire un livre sur MARTIN SCORSESE, c'est prendre en compte, la personne et l'œuvre. 
Par chance avec Marty, les deux sont intimement liés.

J'ai voulu montrer par mes choix de cadrages et de séquences comment Marty voit le cinéma. 
Et comment il l'a placé au centre de sa vie. Et comment celle-ci a nourri ses films.
J'ai choisi 3 moments de sa vie que j'ai mis en relation avec le cinéma, le sien et surtout celui de ses réalisateurs préférés.

1# L'avant-première de MEAN STREETS
Considéré par beaucoup comme son premier "vrai" film (en fait le troisième), MEAN STREETS 
est son histoire et celle de ses amis, filmé en bas de chez lui, mais ça reste une fiction.

Pour la forme, j'ai fait référence à GOODFELLAS (tout le livre est construit sur la structure de ce film)
Imaginant que ses meilleurs amis soient venus le féliciter pour avoir "enfin fait un bon film".
Je pense que certains devaient y être, mais je ne sais pas si tous étaient présents.

De la gauche à la droite, vous avez:
- Haig Manoogian (prof de Marty à NYU, l'école de ciné, RAGING BULL lui est dédié).
- George Lucas (avant STAR WARS, période AMERICAN GRAFFITI).
- Marcia Lucas (femme de George et monteuse sur TAXI DRIVER et NEW YORK, NEW YORK).
- Francis Ford Coppola (leur parrain à tous).
 -Steven Spielberg (qui tournera JAWS l'année d'après).




2# TAXI DRIVER, classé X ?
Columbia avait des problèmes avec TAXI DRIVER. 
Le classement X risquait d'anéantir un film dont ils ne pensaient gagner un rond dessus. 
Marty fut sommé de faire des coupes.
Un moment assez désagréable pour lui.

Je me suis inspiré de 2 films d'ORSON WELLES.
Le premier CITIZEN KANE, pour son utilisation des ombres et des lumières.
Et THE TRIAL (LE PROCÈS) d'après Kafka.



3# GOODFELLAS, l'intro.
Pour cette séquence, j'ai carrément fait référence au début de GOODFELLAS, la scène dans la voiture, que j'ai associé avec un plan séquence, un long travelling, la marque de fabrique de Marty.


 

Je vous laisse découvrir cela à partir du 22 septembre.

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 "MARTIN SCORSESE" graphic novel

Écrit et dirigé par Amazing Ameziane.

384 pages, aux Éditions du Rocher.

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Dédicace de lancement à L'Infinie Comédie à Bourg-La-Reine (92340)

Avec Sybille Titeux de la Croix, et @dara_nabati

Samedi 25 septembre. De 16h à 19h.


#martinscorsese #martinscorsesefilm #scorsese #graphicnovel #editionsdurocher #amazingameziane #ameziane #cinema #cinetrilogy #comics #bd #taxidriver

SCORSESE graphic novel is coming soon in 2021

Right After adapting 1984 after Orwell, i wanted to write something of my own.
And i choose to do the life of my favorite director of all times, my forever inspiration :

MARTIN SCORSESE.

It will be a 200 plus pages of graphic novel tale of his youth in Little Italy and what it meant for the young Martin to become one of the most important director still alive today.

I can't say how much i'm thrillled to do this one, and some pages i produced are already among my favorite ever. Il will show you pages here, from time to time.


SCORSESE is coming soon in 2021...

 

here a teaser gif.

 

Scorsese showing his love for Kubrick...

 
There sureley will be a bonus section where this one will find its place...

The unlighted version of neon...



 




HAPPY 2021

Happy 2021 to you all !
Happy 2021 à vous tous !





My year 2020

2020 was awful for everybody, stay in quarantine at home...
like any other day for a cartoonist, so once your family and friends are safe, that doesn't change much, if you have work. But i had to find work in the first semester of 2020. Yep...

I have worked a lot anyway and i even did some first for me (A screenprint 60x80 cm, a poster for a SHAKESPEARE play, and the full design of a 12 Inch Gatefold LP...)
Here is my year 2020.







 

 

 

Interview Syb + Amé - 1984

 

 


Suite à l'embouteillage des sorties d'adaptations de 1984 par ORWELL, les journalistes sont débordés, leur seul angle c'est de faire des papiers où ils ne parlent que des 4 livres en même temps, sans jamais donner leur avis (le but de la critique) et de ce fait, rien ne ressort de ces articles.

Je connaissais les règles du jeu quand nous avions décidé de faire ce livre. Mais ce que je ne pensais pas possible, c'est d'être interviewé pendant 25 minutes et quand j'ouvre la revue, pas une ligne de notre discussion. Pas une... Doubleplus pas Good.

Si cela n'arriva qu'une fois, cela n'aurait été qu'une petite blague à raconter aux amis, mais voilà qu'un magazine qui nous posa un bon paquet de questions, auxquelles nous répondirent, en détail, et là encore, rien dans le papier final. Diantre ! Juste une phrase de SYB, coupée en deux pour m'en attribuer la fin de la phrase afin de faire croire que les 2 auteurs avaient été consulté.
Je comprends pourquoi Leonardo Di Caprio a 2 publicistes qui travaillent pour lui H 24. Juste pour vérifier que les propos soient correctement retranscrits dans la presse.

Inutile de vous dire qu'il n'y a pas de publiciste dans la bédé, MAIS j'ai internet et ce blog.

DONC je vais poster l'intégralité des réponses chez moi pour les 2 ou 3 que ça peut intéresser.

>> SI vous êtes un journaliste à qui j'ai donné le lien de ce post, pour que vous puissiez y récupérer la petite phrase qui vous servira dans votre article (-> je compatis aux difficultés que vous rencontrez quotidiennement pour faire vos papiers, mais je ne veux plus vous faire perdre 25 minutes de votre vie,  juste pour vous offrir 19 syllabes). 

Considérez ce texte comme un PRESS-KIT.






 C'est parti !! 

 
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> Quel a été le point de départ de l'adaptation ?

SYB-> Le point de départ remonte à déjà pas mal de temps, je dirai deux ans et demi environ, lors de discussion entre amis sur ce qui se passait déjà en France. Les Français sont historiquement des gens travaillés par la politique et par la notion de liberté.
Ce roman revenait sur les lèvres de chacun toujours plus souvent.
Bien-sûr, le fait qu’il tombe dans le domaine public nous a permis de l’adapter au moment où, je crois, beaucoup de gens on envie de le relire sous l’angle nouveau de notre société contemporaine.

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-> Est-ce que le fait que le texte tombe dans le domaine public a accéléré les choses ?

Amé-> Nous voulions adapter "1984", sans trop savoir comment s'y prendre au niveau des droits... Quand la date du passage dans le domaine public fut officiel, cela a rendu la production du livre enfin possible. Les droits qui étaient au coffre pendant tout ce temps, étaient enfin libres pour nous. Pour les adaptations, c'est toujours une histoire de droits et nous les auteurs sommes rarement les plus efficaces pour gérer de genre de deal.
Nous avions demandé les droits à Gallimard à l'époque et cela ne fut pas possible, pour des raisons qui me dépassent. Ils pourraient très bien pu gagner beaucoup en vendant cette traduction à tout le monde, le travail et le nom d'Orwell y gagnerait, et surtout, les gens reviendront , quoi qu'il arrive, à lire le roman. Je ne sais pas...




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-> Quelle version du texte avez-vous utilisée ? L'avez-vous vous-mêmes retraduit ?

SYB->  J’ai utilisé la version Folio classique qui est finalement la version que j’avais lu quand j’avais 16 ans et à laquelle je crois tout le monde est attachée. Je l’ai utilisée telle quelle mais en sachant qu’elle serait ensuite modifiée par la nouvelle traduction des Éd. du Rocher, une traduction adaptée à la dynamique de la bande dessinée.


Amé->  J'ai lu aussi le texte original de Orwell en anglais, m'a été très utile pour vérifier l'exactitude des descriptions.

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-> Comment traiter un texte aussi important et célèbre ?

SYB->  Travailler sur ce genre de texte en BD demande de mettre en exergue l’essentiel, le plus marquant et le plus fort pour celui qui l’adapte. On essaye de faire ressortir l’essence du texte et qu’elle puisse se fondre avec les images afin de délivrer le message de l’écrivain d’origine de manière la plus fidèle mais aussi en le rendant accessible à tous.
Que le texte soit célèbre ou non ne change rien.


Amé->  Nous n'avons rien rajouté et avons gardé le rythme du livre, c'est à dire la longueur des chapitres pour arriver à la transformation de Winston. Cela prend du temps et il faut y aller lentement. Cela nous a prit 222 pages. Nous avions la chance d'avoir de la place. Je ne vois comment cela est possible autrement. L'évolution de Winston est assez lente et finalement les conflits dans le livre sont internes, cela demande de la mise de scène, des silences, des regards, des errances dans la ville...





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 -> Pouvez-vous vous expliquer vos partis pris graphiques ?

Amé->  Quand vous adapter un livre connu, il vous faut choisir si vous voulez vraiment utiliser un univers "sale" où rien ne fonctionne (coupures d'électricité, les clopes tombent en rade, plus de lacets ou de lames de rasoir... ), tout est en ruines après des années de guerre, ou juste faire une histoire plus intérieure, plus aseptisée.
Certains voient en 1984, une histoire d'amour tragique (spoiler), nous c'est l'aspect politique qui nous a attiré dans ce livre. De ce fait, il était important d'avoir des extraits du livre de Goldstein.

Big Brother prend le pouvoir autour des années 40. Et depuis cette époque, l'Oceania est en guerre. Plus de 40 ans de guerre non stop. Winston dit avoir connu le Blitz (le bombardement de Londres) depuis son enfance.



Donc la ville est en ruines, sauf ces 4 énormes bâtiments qui représentent le pouvoir, MINI-LUV, MINI-PAX, MINI-TRUE et MINI-PLENTY (ce qui est étrange car ils mesurent chacun plus de 300m de haut, ça ferait de sacrés bonnes cibles, non... ?).

L'effort de guerre, plus la politique de BIG BROTHER, ont anéanti l'esprit d'invention ou d'initiative. De ce fait, ce monde est gelé dans les années 40. Rien de fonctionne. Le style est resté bloqué à celui du milieu des années 30. Imaginez un monde sans aucune des inventions des années 40.

C'est un monde morne, sale et privé de tout sens de design. Le symbole de cela est l'échiquier que j'ai créé pour la fin. Les pièces sont d'un seul bloc, utiles mais sans fioritures.

Je voulais un monde en couleur, mais avec une palette restreinte et assez froide, juste rehaussée d'un peu de lumière assez rare ou d'un rouge vif pour les moments de rage.

Je savais que l'image de BIG BROTHER serait partout dans le livre. C'est l'image la plus importante du livre. 

J'ai donc passé une semaine entière à la mettre au point. L'image que nous connaissons provient du film de 1954. Je voulais en faire une au moins aussi marquante, si possible...
J'ai relu ce que j'ai trouvé sur les influences de Orwell pour créer BIG BROTHER. Sa haine pour le totalitarisme, son engagement pour les brigades internationales communistes en Espagne 1936, et la trahison des staliniens qui a ouvert la porte au nazisme triomphant. 

(>>voir making of de la couverture à la fin...)


J'ai regardé,  pendant plusieurs jours, tout ce qui avait été produit visuellement sur BIG BROTHER mais aussi des visuels de l'époque,  voir avant, des affiches anglaises de la première guerre mondiale (pour y récupérer les typographies).

J'ai produit aussi une série d'affiches que l'on verra partout dans les rues, l'appartement de Winston ou dans les bureaux du ministère. 

Et j'ai collé Big Brother le plus possible dans le livre, ad nauseam, jusqu'à ne plus pouvoir le voir, c'est à ce moment que je me suis dit que ça pouvait fonctionner.




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-> Je sens effectivement l'influence de Frank Miller. Cherchez vous à obtenir un résultat au réalisme photographique ?

Amé-> Frank Miller, oui toujours, mais aussi Bill Siekienwicz car je travaille beaucoup en couleur et j'adapte mon style graphique à mes envies et aux besoins de la séquence. Je ne fais pas de croquis, je fonce direct sur la double page, je pose le texte et je cherche à me surprendre.

Les décors doivent être assez réalistes, cela crédibilise l'univers. Mais avec le bon éclairage, vous pouvez utiliser un style plus libre et avoir néanmoins un effet réaliste.

Je travaille toujours mes livres en Noir, Blanc et Gris. J'ai des effets de lumières très cinématographiques donc le mélange permet d'avoir des scènes avec un clair/obscur très évocateur de la psyché des personnages.



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 -> Trouvez-vous qu'il y ait des échos de 1984 dans la situation de certains pays ?

SYB-> En effet, je trouve qu’il y a des échos de cet univers dans de nombreux pays mais plutôt que de montrer du doigt les autres pays, il est bon de regarder devant notre porte. Il est inquiétant de voir à quel point la société de surveillance s’est installée en France depuis longtemps déjà et cela ne fait que se renforcer jour après jour.
À travers 1984, nous voyons jusqu’où peuvent mener la gouvernance de sociétés menées par la peur, par la répression permanente et à tout propos.
Tout cela ne mène pas à des jours heureux.
1984 nous incite à ne pas tomber dans ce piège encore aujourd’hui en 2020, c’est une œuvre actuelle que les lecteurs savent reconnaitre comme telle.


Amé-> En France d'ailleurs, dans les manifs contre la loi de sécurité globale, on voit beaucoup de références à 1984 et ORWELL (Make Orwell Fiction Again). Et quand ta loi est comparée à Orwell, c'est que tu as déconné, manu!









L'art de la NOV-LANGUE est devenu la nouvelle norme pour les politiciens. Le sens des mots change petit à petit, et c'est exactement le propos de "1984", lorsque Winston discute avec Syme à propos du nouveau dictionnaire de Nov-langue, il est fier de l'appauvrissement de la pensée critique qui n'aura plus les mots pour contredire BIG BROTHER. DoublePlus Good.●


"Le métier de policier 

n'est facile que dans 

un état policier"

-Orson Welles-


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